La Direction de la Maîtrise d’Ouvrage (DMO) engage une transformation profonde pour s’adapter à son portefeuille d’opérations avec en point de mire l’horizon de la fin des concessions. Cette réorganisation comporte des risques significatifs sur les conditions de travail, la santé, l’emploi et la cohésion des équipes. Vos représentants du personnel ont analysé ces impacts et obtenu de la direction des engagements en faveur des salariés concernés.
Une réorganisation qui demande plus de clarté
Présentée comme un simple ajustement, la réorganisation de la Direction de la Maîtrise d’Ouvrage transforme pourtant profondément l’activité et les conditions de travail de l’ensemble des salariés.
Si l’objectif final n’est pas contesté, la préparation et la conduite du projet interrogent fortement. Face à l’absence d’informations essentielles et aux risques identifiés, les élus ont demandé, le 30 septembre dernier, une expertise indépendante.
Dès le début de l’analyse, l’expertise met en évidence de sérieux manquements :
- Absence de documents essentiels (organigrammes cibles, études d’impact, plans de formation),
- Insuffisance de l’évaluation des risques psychosociaux,
- Absence d’analyse de charge de travail,
- Sous-estimation de l’ampleur du changement,
- Manque de visibilité sur l’organisation future et flou autour des missions,
- Absence de formalisation d’un plan de formation adapté.
Ces lacunes ont alimenté les inquiétudes et parfois le sentiment d’une réorganisation conduite sans anticipation suffisante.
Une réorganisation qui comporte des risques
L’expertise et les élus ont ensuite identifié plusieurs risques :
- Transformations de postes :
Changements d’intitulés, modification de périmètres, nouvelle hiérarchie… Certains salariés peuvent vivre ces évolutions comme des rétrogradations ou une perte de responsabilités alimenté par l’incertitude sur le contenu des nouveaux postes. - Polyvalence accrue et dilution des expertises :
Présentée comme une opportunité, cette polyvalence peut au contraire fragiliser les spécialistes et générer une surcharge de travail ou une démotivation. - Éclatement des structures de travail et management distanciel :
La création de petites unités plus autonomes risque d’affaiblir le sentiment d’appartenance et entraîner des conséquences à terme sur les conditions de travail. Le développement du management à distance, notamment dans les directions centralisées, pourrait accentuer les disparités de traitement et les difficultés du quotidien face aux risques d’isolement. - Risques sur l’emploi et externalisation potentielle :
La création d’entités VINCI Autoroutes ou de DOT plus polyvalentes, combinée aux synergies croissantes, laisse craindre :- Un non-remplacement des départs,
- Une pression accrue sur les équipes restantes,
- Une externalisation progressive de certaines missions.
Des engagements pour protéger les salariés
Lors de la restitution de l’expertise du mardi 25 novembre, les échanges avec la direction ont permis d’obtenir des engagements concrets. Vos élus ont porté des recommandations fortes, dont plusieurs ont été entendues :
- Pour la prévention et la santé :
- Intégrer les risques liés à la réorganisation — notamment les RPS — dans le DUERP, accompagnés d’un plan d’action dédié.
- Suivi systématique des entretiens professionnels après réorganisation.
- Pour les mobilités et l’évolution des postes :
- Aucune mobilité géographique imposée ou suggérée.
- Aucun avenant contractuel sans accord du salarié.
- Pas de changements majeurs de périmètre sans compensation salariale.
- Clarification des fiches de poste avant mise en œuvre, avec valorisation financière en cas d’élargissement des missions.
- Pour le management et l’organisation du travail :
- Vigilance renforcée sur le management distanciel.
- Communication plus transparente, individualisée et régulière auprès des équipes.
- Pour l’accompagnement et les compétences :
- Accès aux formations demandées par les salariés, au-delà des besoins immédiats de l’entreprise.
- Mise en place d’une clause de revoyure : point d’étape au CSE d’avril, puis suivi bi-annuel en phase de déploiement du projet.
Et maintenant ? Restons vigilants
Malgré les risques identifiés, la reconnaissance par la direction des insuffisances initiales et ses engagements d’amélioration représentent un premier pas positif. Les élus prennent acte du projet, mais resteront pleinement mobilisés pour veiller à sa mise en œuvre, défendre vos droits, prévenir les risques et garantir un accompagnement digne de cette réorganisation majeure.
