Depuis plusieurs semaines, la hausse brutale des prix du carburant pèse lourdement sur le pouvoir d’achat. Pour de nombreux salariés, notamment les plus précaires, cette situation n’est pas abstraite : elle impacte directement leur budget quotidien. Beaucoup n’ont d’autre choix que d’utiliser leur véhicule personnel pour se rendre au travail. Et contrairement aux discours parfois déconnectés, une grande partie du parc automobile reste aujourd’hui thermique, rendant ces hausses immédiatement et fortement pénalisantes. Face à cette situation exceptionnelle, notre organisation syndicale a sollicité la direction pour obtenir des mesures concrètes et rapides.
Des demandes simples et ciblées
Dans notre courrier, nous avons formulé des propositions pragmatiques :
- Une revalorisation rapide des primes d’éloignement,
- Un encouragement clair et homogène au télétravail lorsque cela est possible.
Des mesures accessibles, certaines à coût limité voire nul, et adaptées à l’urgence de la situation.
Une réponse qui élude le problème
La réponse de la direction reconnaît le contexte international et qualifie la situation de conjoncturelle. Elle rappelle également les mesures passées, notamment les augmentations de primes intervenues les années précédentes. Mais sur le fond, aucune réponse concrète n’est apportée aux difficultés actuelles.
La direction considère que les dispositifs existants sont suffisants et adaptés. Une position difficilement compréhensible au regard de la réalité vécue par les salariés aujourd’hui.
Sur la question du télétravail, pourtant recommandée au niveau national dans ce type de contexte, la direction renvoie la décision aux managers. Résultat : des pratiques hétérogènes selon les services, sans impulsion claire ni mesure collective.
Pourtant, favoriser davantage le télétravail, quand il est possible, représenterait une réponse immédiate, efficace et sans coût supplémentaire pour l’entreprise.
Ce positionnement interroge d’autant plus que notre entreprise ne fait face à aucune difficulté financière. Elle dégage au contraire des résultats solides. Dans ce contexte, des mesures temporaires et ciblées auraient été non seulement possibles, mais également justifiées :
- une augmentation exceptionnelle de la prime d’éloignement,
- la mise en place d’un chèque carburant pour les salariés qui viennent avec leur véhicule personnelle,
- ou encore des consignes claires en faveur du télétravail.
Autant de signaux concrets qui auraient témoigné d’une prise en compte réelle des difficultés rencontrées.
Les salariés attendaient une réponse à la hauteur de la situation exceptionnelle qu’ils traversent. Ils se retrouvent seuls face à leur problème avec une direction semblant ignorer leurs difficultés et en profond décalage avec les enjeux du moment.